Modiano, 2.

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La place de l’étoile foi o seu primeiro romance, tinha o autor pouco mais de vinte anos. Nas primeiras páginas, com reptos elaborados a Céline e a Proust, Modiano diz-nos ao que vem.

Je ne suis pas un enfant de ce pays. Je n’ai pas connu les grand-mères qui vous préparent des confitures, ni les portraits de famille, ni le catéchisme. Pourtant, je ne cesse de rêver aux enfances provinciales. La mienne est peuplée de gouvernantes anglaises et se déroule avec monotonie sur des plages frelatées : à Deauville, Miss Evelyn me tient par la main. Maman me délaisse pour des joueurs de polo. Elle vient m’embrasser le soir dans mon lit, mais quelquefois elle ne s’en donne pas la peine. Alors, je l’attends, je n’écoute plus Miss Evelyn et les aventures de David Copperfield. Chaque matin, Miss Evelyn me conduit au Poney Club. J’y prends mes leçons d’équitation. Je serai le plus célèbre joueur de polo du monde pour plaire à Maman. Les petits Français connaissent toutes les équipes de football. Moi, je ne pense qu’au polo. Je me répète ces mots magiques : « Laversine », « Cibao la Pampa », « Silver Leys », « Porfirio Rubirosa ». Au Poney Club on me photographie beaucoup avec la jeune princesse Laïla, ma fiancée. L’après-midi, Miss Evelyn nous achète des parapluies en chocolat chez la « Marquise de Sévigné ». Laïla préfère les sucettes. Celles de la « Marquise de Sévigné » ont une forme oblongue et un joli bâtonnet.
Il m’arrive de semer Miss Evelyn quand elle m’emmène à la plage, mais elle sait où me trouver : avec l’ex-roi Firouz ou le baron Truffaldine, deux grandes personnes qui sont mes amis. L’ex-roi Firouz m’offre des sorbets à la pistache en s’exclamant : « Aussi gourmand que moi, mon petit Raphaël ! » Le baron Truffaldine se trouve toujours seul et triste au Bar du Soleil. Je m’approche de sa table et me plante devant lui. Ce vieux monsieur me raconte alors des histoires interminables dont les protagonistes s’appellent Cléo de Mérode, Otéro, Emilienne d’Alençon, Liane de Pougy, Odette de Crécy. Des fées certainement comme dans les contes d’Andersen.

 

 

 

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